26.11.06

Homme sans qualité

Ecran pour images, derrière : le désir. Et nous restons ainsi, face aux écrans, déniant le réel sans cesse, le désir s’apaisant mais se répétant sans fin, et les images aussi. Monde de la fiction sans doute, qui finit par bâtir son monde. Monde qui nous enclôt, en traçant les limites, et finit par nous faire être.

Etre : consistance, épaisseur acquise par l’occupation entière de la boîte, mais souple encore.

J’aimerais bien « m’exprimer » par divers médias. Toujours soi, et toujours l’écran, même retourné sur le réel. Toujours être. Est-ce là la fin ?

Je pourrais aller un peu plus loin, et me reposer, danser, manier les autres pour me faire passer, comme des marches d’escaliers pour, à la fin, aller un peu plus haut, un peu plus loin, m’inscrire moi-même dans le décor par un léger surplus, un simulacre après répétitions qui met au monde autre chose déjà : moi, et plus encore. Mais en fait, je m’aperçois que pour cela peut-être il faut que l’excitation, le jouissance, soit prise auprès des autres, dans un non soucis d’abord de soi, et ce n’est, malheureusement pas le cas. Au contraire, je veux plutôt, con qui parle, ipséité certaine, au naturel dans le monde des phénomènes, témoin premier, ressentir moi, que les ‘‘idées’’ viennent à moi, et l’excitation, la jouissance d’elles. Que ça n’aille pas très loin, que ça repose sur des marches d’escaliers ou dans des espaces déjà connus déjà, parfaitement éclairés, sauf à mon aveuglement, c’est là un petit problème. Mais c’est le propre des gens normaux, des hommes sans qualité, de parvenir à construire une intériorité, quelque chose, eux-mêmes, au sein même de ce qui est parfaitement éclairé, n’en déplaise à ceux qui savent, créant ainsi un petit peu d’ombre, une membrane à leur mesure dans un espace trop grand et bien trop étranger, même s’ils sont toujours bien compris. Etre, c’est tout ce qu’il reste aux asservis de la démocratie comme de tout autre pouvoir, pas un asservissement volontaire exactement, mais un remplissage sensitif et symbolique, pour le dire mal ainsi, d’un intérieur fondé sur des limites souvent humainement, trop humainement proches, jamais comprises, et encore moins remises en cause.

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