15.8.09
24.8.08
Le Beau du Val Ancien
Il est important, que les coachs montrent la pérennité de l'humour en toutes circonstances, non ?
5.7.08
Betancourt : l'histoire est finie, mais on le savait déjà
C’est bien triste, les otages. Comme les victimes de tueries presque aveugles, les étudiants sauvagement assassinés qu’on ne sait pas trop pourquoi, et autres histoires de morts. Je laisse même en suspens cette histoire de mort, puisque bien souvent ils meurent pas, la mort se négociant la plupart du temps.
Mon idole, en terme d’otages, numéro au palmarès drastique, c’est Florence Aubenas. Elle me soûlait comme les autres — c’est injuste de dire ça, ce sont les discours autour pendant que l’otage est privé de parole, qui me soûlent —, et puis elle est revenue, elle a gentiment envoyé paître tout le monde, revendiquant un droit à penser, à travailler, à retourner en Irak si elle le souhaitait, et même — un comble pour un otage ! — à avoir ses opinions politiques propres et à ne rien devoir à personne en ce qui concerne son devenir futur, et surtout pas une dette infinie en échange de sa vie sauve.
J’étais au-delà de la 53e brume quand je ne sentis plus une épaule sous ma main. « Je regarde une vidéo de la libération d’Ingrid Betancourt ». Ah.
Comme un vieil évènement annoncé qui ne me concerne pas. Et en même temps ce genre de nouvelles qui informent que le monde continue à aller comme il va, que tout est conforme aux prévisions, les repères sauvegardés, replacés. Et puis je savais que ça lui faisait plaisir, j’ai peut-être même esquissé un sourire, mental du moins, à cette idée, mes yeux tentant de s’ouvrir au monde refusant de subir l’agression d’une lumière plasmique.
Ras-le-bol, au fil des mois et des années, de voir tous les bonnes gens se mobiliser, et des grandes affiches, et des concerts par les bonnes âmes, et l’opinion des gentils citoyens. Sorte de mise au pas moral et politique bien douce. Ça coûte pas grand-chose et surtout c’est une bonne garantie d’irréprochabilité. Le genre de consensus toujours un peu douteux que rien que pour maintenir, on sait jamais, une petite arrivée d’air et un semblant de pluralité on ne va pas rejoindre, pleurer la défaite des brésiliens, ne pas manifester contre Le Pen et ne pas voter Chirac, célébrer la chute de la bite america fois deux par des morpions volants, et dans un autre temps trouver que massacrer le peuple de Goethe, malgré ce qu’en dit Nietzsche, ben c’est pas bien joli et comme entrée dans un nouveau siècle on a fait mieux.
Le lendemain j’ai regardé la vidéo où on voit la parente ou non de l’actionnaire principale de l’Oréal (en fait il y a bien deux T au nom de celle-ci, un peu comme le borgne et le dieu Pan qui eux n’ont plus n’ont rien à voir, nom d’une Bacchante ; néanmoins la question s'est posée, sans jamais trouver de réponse clairement définitive dans les représentations sociales) monter à la porte de l’avion retrouver ses proches. Ça m’a même tiré une larme, mais la journaliste d’itélé me l’a fait ravaler avec son discours faussement troublé, se forçant à laisser l’évènement lui faire perdre ses mots, tandis qu’elle disait d’une voix très maître d’elle-même et bien posée, bien spectatrice, qu’il s’agissait, sur un ton péremptoire, ne souffrant aucune contradiction mais cherchant à obtenir une approbation plus affirmée encore en face, d’un grand moment historique. Pour cette clique médiatique, on s’en doute, vu le reste de leur actualité : quand il n’y a plus rien, le fait divers le plus croustillant et tenant l’actualité plus d’une semaine et demie est une aubaine pour se donner de l’importance et combler le vide.
On ne sait pas trop ce qu’elle va faire ensuite, Betancourt. On s’en fout un peu, d’ailleurs, elle retournera peut-être à son anonymat relatif qui était le sien comme j’ai vu une fois Aubenas intervenir au JT en envoyé spécial sans qu’il ne soit plus question de sa mésaventure. Le pire serait qu’elle joue de cette brèche géante ouverte, la transformant vraiment en tout ce que Ségolène Royal ne sera jamais malgré ses profonds désirs.
Maintenant que cet épisode de télé réalité sans image ni autre immédiateté qu’un compteur de jours est passé, que va-t-il bien ne pas se passer sur les écrans d’actualités du temps d’après l’histoire de nos chers médias ?
27.6.08
Le site d'hier : who are you ? Ton prénom te donne du sens
On peut lire l'horoscope sur le Daubé (ou l'écouter sur hot fm), on peut aller consulter une voyante pour nous lire les astres, on peut regarder le JT et prendre note de quelques sondages (ou dans Le Monde, Femme Actuelle, Psychologies Magazine, La Tribune, Max, les rapports gouvernementaux...)... il y a bien des manières de se tenir informé de soi.
Qui suis-je ? Où j’en suis ? A quoi m’identifier ? Comment on me perçoit ? D’où c’est que je viens ? Et s’il y avait quelques éléments successifs, je pourrais tracer une ligne qui m’indiquerait où c’est que je vais et ce que je peux attendre.
Pour répondre à toutes ces modestes questions, il y a bien des médiations, et déjà lesquelles on fréquente, avec quelle fréquence et comment on les fréquente, sont des données qui parlent de nous. Enfin, ceci dit pour une saisie phénoménologique des hommes en train de rêver, ce qui est peut-être ce qui nous manque le plus (mais je passe la charrue, là, si les bœufs ne sont pas partis de leur galop ailé).
Hier je suis tombé sur un site sur les prénoms. Citant chaque fois un bouquin intitulé « Le nouveau guide des prénoms », de P. Corinte, Ed. SOLAR, les quelques prénoms que j’ai lus m’ont semblé assez pertinents dans leurs analyses. Je veux dire : ces citations renvoyaient assez bien à mes désirs, mes espoirs et mes peurs, si ce n’est à ce que j’ai toujours dit, et qu’une parole faisant force de loi vienne ratifier tout cela en stigmatisant de manière arrêtée certains contenus, et dans certaines formes, me convenait assez.
Si bien que j’ai crié alléluia, un peu comme quand on lit le matin dans l’horoscope qu’on rencontrera l’amour de notre vie dans la journée et que celle qu’on aime nous fait un léger sourire en la croisant au rayon surgelés de notre supermarché préféré tandis qu’elle attrapait un produit allégé vendu en deux portions.
Mais l’ironie ne doit pas confondre, et c’est une théorie des coïncidences qu’il faudrait mettre en œuvre. Pour l’heure, je vous laisse découvrir les prénoms que vous employez tous les jours, sur un site au nom assez blasant.
NB : étrangement, Sergvolant n’apparaît pas. Quand le sens est premier, tout le monde s’en fout, mais comme c’est toujours le cas, on fait toujours semblant de le retrouver. Avec quelque chose en plus, cependant, voire beaucoup plus.
25.2.08
Vidéo du jour
The Beatles While My Guitar Gently Weeps
envoyé par e-boueur
Retrouvez dans le Bazar de Sergvolant la chanson originale des Beatles sur l'Album Blanc et tout pour vous mettre au ukulélé.
11.9.07
Une petite fille facho qui joue de ses désirs et de son identité
Alors j'ai une adresse pour vous.
Un blog d'une femme à l'âge indéterminée.
Elle pourrait avoir 50 ans, ou bien 19. Elle pourrait même ne pas trop être une femme ; c'est qu'on s'imagine tellement de refoulements chez ces gens-là que les pires contradictions ne deviennent pas impensables.
Je l'imagine le cul serré sur sa chaise, s'imaginant Wonder Woman l'épée à la main, trucidant toute une large population qui est celle qu'elle ne connaît pas, soit tout le monde sur cette terre. A commencer par ceux qui ne lui sont pas trop loin, et d'un niveau "social" semblable, ses subjectivement plus proches compagnons de haine. Je l'imagine s'imaginant.
Elle en devient touchante, attendrissante. Je regarde son blog environ une minute trente, si l'on excepte les vidéos, et pour un peu presque, je l'aimerais.
Ces personnes qui parlent d'elles-mêmes, mais de façon détournée. Et sans trop s'en rendre compte, en plus, comme prises au piège d'une pieuvre inconsciente, un peu d'encre finissant par noyer le tout.
Fachos inoffensifs à force d'être rétrogrades, lourdingues, caricaturaux. Au fond je suis sûr qu'elle a bon fond, je veux dire : que ses motivations ne sont pas socio-économiques, ni de tout en haut, ni de tout en bas. Manque quelques miroirs favorables, et un homme probablement. Je suis sûr qu'elle est même sensible (peut-être pas au point de publier de commentaire, quand même, ce qui n'est pas automatique : il faut encore qu'elle le valide ; d'ailleurs il n'y a aucun commentaire visible sur le blog...).
Inutile de dire que c'est quelqu'un que j'aimerais beaucoup rencontré. Un peu comme ces vieux meubles, dans les boutiques d'antiquaires : ça rassure, ça arrête le temps, grâce à ce simulacre de passé ; pourtant pas apaisé, ses tensions même font partie du spectacle ; sans angoisse ni peur, ni même aucun ennui.
Ma faiblesse envers les "petites filles" finira par me perdre.
Mais je vous laisse découvrir son blog :
http://zeroines.blogspot.com/
PS : malheureusement, ce que j'aurais à reprocher aux filles d'extrême-droite, c'est, comment dire ?... Elles... elles ne sont pas belles.
8.6.07
Je voulais être fou et je n'ai rien à dire, sauf un rêve
Quand j’étais petit je voulais être fou.
Peut-être pas tout petit. Peut-être après. Plus tard. Pas en CP, peut-être. En CP je voulais être policier. C’est ce que j’avais dessiné. Je ne voulais peut-être pas être tout à fait policier. C’est ce que j’avais dessiné. Il y avait la maîtresse, les autres et puis papa maman. Je ne pouvais être que policier, pompier non pas trop merci. Je ne me voyais pas pompier. Y avait-il boucher, aussi ? Je ne sais plus. Je crois que j’ai regardé les dessins des voisins. C’était une grande question, mais là, comme ça. Si rapidement. Innocemment. Pour passer le temps. Je ne sais plus qui avait dessiné une voiture de police. On me l’a rappelé, il y a quelques années. Ma maman. Comme si je l’avais oublié. Une voiture de police. Parce qu’adolescent un temps je voulais être lieutenant de police. Quand on nous demande ce qu’on veut faire plus tard, je veux toujours être policier. Il y a la maîtresse, les autres et puis papa maman. Mais en fait je crois que je voulais être fou.
L’expression de soi. Tous ces braves gens qui s’expriment. De la musique de partout. Ça me déprime. Etre entouré de musique c’est comme être dans le métro, au milieu de tous ces gens qui vont au travail. La radio diffuse de la musique étrange. Un site étrange, de toute façon. Dans un supermarché toutes les marchandises sont si parfaites. Cette perfection. Cette maîtrise. Cette production. Cet envoi dans le domaine public du résultat d’un travail. Le travail bien caché, et tout le reste bien sûr. On utilise la commande sélection pour peindre le monde, contrôle c, nouveau fichier, contrôle v, copier coller de la sélection. Il faut avoir un fichier source et le curseur pointé sur sélection pour ne pas déprimer. Sinon c’est plutôt la corde qui nous pend au plafond.
Ecoute, banane, écoute. Le fichier source n’est jamais que s’entourer de toutes ces choses semblables. Il n’y a pas de retrait, il n’y a pas de paix possible. Tout entier versé dans le flot des produits.
Quand j’étais petit je voulais être fou. Déconnexion de tout.
Il y a encore des gens qui pensent que s’exprimer c’est dire quelque chose.
Non ce n’est pas ce que je voulais dire. Aucune définition de la folie. Simplement m’extraire des chemins imposés, des costumes à porter. On peut être fou à un endroit et bien intégré dans un autre. S’intégrer se désintégrer. Sortir, chouuuup, comme une aspiration. En même temps procéder à des assemblages originaux, et des sorties de fusées.
Je ne suis rien. Je ne suis rien et livré à moi-même je ne peux que parler moi.
Je vis sous perfusion cigarettes café alcool coca net.
Voilà, c’est tout. Rien d’autre à dire.
Mais je dois m’exprimer.
Quand on n’a rien à dire et qu’on doit s’exprimer, on dit des choses chocs. Des sortes de lois. Qu’on imagine telles. Ou bien leur transgression.
Je n’ai rien à dire, les yeux fixés sur l’horizon, tout de mort illustré.
Dans l’air flotte cette idée que la vie est un désastre dès que l’on descend de la selle du travail. Mais pour quoi y monter.
Je n’ai pas vu un humain depuis des années. Depuis toujours, j’ai l’impression.
Mais à partir de cet humain fantasmé — diraient tous —, je peux peut-être poser un regard sur les humains réels. Acceptant qu’il n’existât pas, je pourrais voir ceux qui sont, tels qu’ils sont. Décollant bien tout phantasme, tout espoir des humains réels. Et toute peur, toute angoisse. De toute façon, ils resteront toujours si loin de ce que j’appelle un humain.
C’est peut-être parce que je ne suis pas très humain.
Je n’ai rien à dire, c’est désespérant. Pourquoi donc continuer ?
C’est la récréation.
Mais je n’ai pas envie de m’amuser. Rien faire, tout simplement.
Une heure plus tard, quelques bisous animés en plus — bientôt c’est sûr, c’est dans l’air qu’on dessinera du doigt nos désirs.
J’aurais du commencer par là.
Pourquoi dis-je cela ? Aucun rapport avec ce qui précède, mais. Ou plutôt si : la motivation vient lorsque quelqu’un d’aimé produit.
J’ai rêvé d’elle cette nuit. Une sorte de taverne, un bouge enfumé aux lourdes tables en bois. Pourtant une partie de la population faisait plutôt costard verre de vin cher, ou champagne, à la main. Moi, en fait. Assis à une table face au bar, première salle — trois tables — après la porte d’entrée (ouvrant sur le noir, ou un espace neigeux, un peu le paysage du labyrinthe de Robbe-Grillet, mais c’est vraiment histoire d’écrire plus de mots en me demandant si je vais aller chercher une autre bière ou non). Devant le bar, par terre et sur des tabourets, des droguées à l’affût de la moindre chose à voler, faisant les poches me dis-je aussi. En fait non, j’ai vérifié ensuite mes poches, les billets de dix et vingt euros étaient toujours là, poche droite, et la liasse de billets de cinq mille riels, poche gauche, également, même que j’ai failli les faire tomber en vérifiant. Ils venaient d’un épisode précédent, les riels, mais je l’ai totalement oublié. Par rapport à ses filles, juste à noter qu’elles m’ont volé mon briquet. Leur méthode consiste à prendre et à revendre dans le bar même. Une me l’a emprunté — cheveux fillasses et maquillages noir qui coule autour et sous les yeux, pour certaines, plus putes au design et à l’emballage vendables pour d’autres —, et trop occupé par celle avec qui j’étais, je n’ai pas attendu mon briquet. C’était mon porte briquet en métal avec des bouts de couleur incrustés dedans, ce porte briquet dans lequel seuls les petits bics rentrent. J’ai du aller voir dans la seconde salle, plus grande, après il y avait même des colonnes, je crois, et trop de fumée je n’en voyais pas le bout. En même temps l’endroit est très petit par la chaleur humaine qu’il comporte. Mais une chaleur humaine qu’on ne pourrait même pas dire de façade, disons dispositionnelle et demandant expressément la participation des personnes présentes pour être une vraie chaleur humaine (ne pas compter sur moi, autrement dit). Il me faut faire deux tables pour voir mon porte briquet dans les mains d’une fille, à une table de cinq ou six personnes. Je crois que la question que je me pose est celle des voies judiciaires pour le dédommagement. Parce qu’elle va me le rendre et me l’a rendu, ça va de soi. Cette salle est occupée par une population exclusivement étudiante, tous ces étudiants qui ont des amis. Je reviens à la table. Face à elle, je vois qui elle est. Peut-être n’était-elle même pas là, avant cela, après tout.
Elle sourit. Elle ne m’aime pas spécialement, ce n’est pas explicité. Disons que ce n’est pas la question. Elle sourit, avec ses cheveux ondulés qui lui tombent sur les épaules, un sourire qui est aussi un rire. Une image que je n’ai jamais vue qu’en vrai. Rarement. Elle m’embrasse, ou plutôt me fait un bisou. Pour ne pas dire elle m’accorde. Consent ce n’est pas le terme. Disons qu’elle donne, voilà. Elle me donne un baiser. Elle sourit et rigole ses cheveux ondulés chutant sur ses épaules, et me donne un baiser. Elle ne m’aime pas, n’est peut-être pas heureuse, nous ne sommes pas ensemble, la majeure partie d’elle m’échappe, elle vit sa vie, mais elle est là, dans ce moment. Là, ne maîtrisant pas tout à fait le jeu qu’elle joue. Là, très belle et même heureuse.
Après le rêve signale l’existence de ma chambre, et celle d’un bâtiment, à la place de l’actuel restaurant, dans lequel quelqu’une autre possède une chambre. Il y a toute une histoire avec une sorte de course, une marche rapide, tendue, qui se déroule sur la grande place devant la bibliothèque des scientifiques durs, et là il y a des trams, on doit aller à des cours, et ces trams que nous prenons font arrêt sur cette place comme si c’était celle en face de l’ancien cinéma Le Royal, et là soudainement il pleut. Cet épisode est peut-être découpé, je ne le replace pas. Je crois m’être réveillé peu de temps après cela. Celle qui habite la chambre dans l’immeuble près du mien a surgi dans le bar. Toute de bonne humeur, elle nous surprend tout de même. Je dirais qu’il y a la course, après cela, ou peut-être avant, je ne sais pas. Je crois attendre un tram, avec elle, ou peut-être attendons-nous quelqu’un, peut-être ne prenons-nous pas le même. Son surgissement, je crois juste la sentir dans mon dos. Voir l’ombre de son corps derrière moi peu de biais. De la stupeur, peut-être, mais alors chez les trois. Je crois que ce moment a été occulté. Avant de quitter la taverne, je vérifie mes poches en disant, ou me disant, sûr qu’elles m’ont piqué mes billets, en souriant, peut-être même en riant. Mais non, même pas. Les riels manquent de tomber. J’ai passé un bon moment.